Par ma démarche j'essaye de comprendre le sujet au travers d'une double caméra, celles
de la psychologie et de la dermatologie, c'est-à-dire d'appréhender le psychisme par le
prisme des réactions psychosomatiques, l'esprit et le corps étant toujours entremêlés.
La peau est un organe très particulier : elle joue le rôle de barrière entre l'individu et le
monde extérieur.
Limite entre le dedans et le dehors, la peau par ses capacités sensorielles, est également
un élément de la vie relationnelle ; on la touche, la tripote, la caresse, la triture...
La peau est un parchemin, les réactions physiques du corps sont plus que des signes,
mais des signifiants dont la parole a été empêchée, effacée.Des traces, des empreintes,
qu'il faut essayer de comprendre, de révéler.
Je travaille en face en face, la séance dure une heure. Il est important d'être à l'écoute du
sujet, mais également de souligner certains de ses propos. La psychothérapie n'est pas
un dialogue, mais un accompagnement, le psychothérapeute intervient comme un
passeur.
Entreprendre une psychothérapie, c'est faire un travail sur soi, prendre le temps pour
redonner du sens, des limites. Aujourd'hui l'individu a perdu tout repère, il est devenu
comme sans gravité, en lévitation par rapport au réel. Une psychothérapie peut lui
redonner une inscription.
Mon expérience, de plus de vingt comme psychothérapeute m'a montré que les
personnes que j'ai rencontrées ont trouvé un nouvel équilibre, leur permettant d'être plus
en accord avec eux-même.